Mes débuts d’ado.

Androids Yellow CarvelEn 1973, à l’âge de treize ans, j’ai fait équipe avec Michael Robertson. Nous étions dans la même classe à l’école de Portollebello Comprehensive d’Edinbourg. Remplis d’optimisme, nous avions nommé notre duo la Neuvième Légion d’après la légion romaine qui avait disparu sans laisser de trace dans les Highlands d’Écosse. Notre duo a malheureusement connu un sort similaire. Imperturbables, nous avons cherché par la suite réconfort dans le nombre de musiciens à notre actif. Tout d’abord avec Nicky Arkless, un bon batteur et puis Kenny Dalgleish, mon meilleur ami, nous a rejoint. Kenny, au début, ne savait pas jouer de la basse mais cela ne compte pas dans l’amitié et au bout de quelques années, il en était devenu un véritable expert. Nous avons renommé le groupe « Lazy Daze » puis « Mooondust » et enfin les « Androids » ayant créé une salle de répétition dans la cave de Nicky avant de commencer dans toute une série de salles paroissiales.
Beaucoup plus tard, nous avons reçu une bonne revue dans un magazine pour fans titrée « David Bowie a répondu OUI, un mélange heureux de mon influence Bowie ( Metal with lipstick) et d’autres trucs plus techniques créés par Michael et Nicky. A cette période nous nous sommes lancés dans les enregistrements de quelques essais. Bientôt après, nous avons joué de plus grands concerts comme à Harvey’s Club sur Lothian Road (Edinbourg) et au West End Club de Princess Street ainsi que dans les universités et facs de la région/
L’avènement du Rock Punk a engendré par la suite des centaines de groupes. La plupart d’entre eux entassés dans une sorte de purgatoire moite, infesté de rats et de musiciens punk. Il y avait une discothèque appelée « Everybody’s » rebaptisée « Nobody’s » par un musicien plus perspicace. Là,il y avait de grands groupes : The Freeze, The Cheetahs, je crois y auraient joué. Il y avait au moins soixante groupes. On était en 1978, c’est à dire l’âge d’or du rock punk écossais.
Copy of earlyyears_androids_craigherbertson_002Entre temps j’ai pris des cours de mime pour améliorer ma présence sur scène. Nicky était entouré de matériel de batterie. Michael, lui, ne portait que du cuir et moi je faisais les rayons fille chez Wallis et portais des bottes de catch débiles. Maintenant je connaissais des gars qui avaient deja créé des expositions de mode à New York et avaient aussi travaillé avec David Bowie. Michael était invité dans des soirées où il côtoyait des gens qui seraient par la suite célèbres, maudits et influents. Kenny discutait avec des musiciens cool et tissait des liens dans le petit monde de la publicité que representait la Nouvelle Vague d’Edinbourg. Les percussions de Nicky avait donné naissance à un véritable coup de gong chinois. A un certain moment une grande maison de disque s’apprêtait à intervenir et à nous faire signer un contrat.
On a eu quelques grands moments : Kenny entre temps était devenu un bassiste innovant, capable de riffs hypnotiques de basse principale et à fortes lignes mélodiques. Plus important encore, il était d’un temperament ouvert et amical. Il a même persuadé un type comme Bruce Finlay, manager des « Simple Minds » à participer à une de nos repet’ après laquelle, on nous a offert une série de concerts avec les groupes culte de l’époque comme « The Fall » « Doll by Doll » et « Robert Fripp » ; Kenny a aussi contribué à organiser des interview et des temps d’antenne de musique en direct sur la Radio Forth locale et à écrire des articles critiques dans divers journaux. Après nous avons aussi sorti un 45 Tour vinyle. ( Pour les plus jeunes, ça ressemble à une galette noire avec un trou au milieu ! Les impressions vinyle et le tourne-disque par la suite sont devenus très en vogue). earlyyears_androids_kennydalgleish_002C’était un vinyle avec deux faces A grave par les Studios Ça va de Glasgow. A ce stade nous avions réussi à trouver un joyau unique, un joueur de clavier dénommé David Connelly. Cela commençait vraiment à prendre tournure et ressemblait à de la véritable science-fiction sur scène. Malheureusement ça ne pouvait pas durer. Cela s’est terminé dans un café désert de Portobello à Edinbourg. Nicky et Michael voulaient composer leurs propres morceaux de musique. Ils en avaient vraiment assez de cette Nouvelle Vague. Kenny et moi en étions ravis. C’était un peu comme un divorce à l’amiable : à la fois bizarre, triste et passionnant à la fois. Mais pour la plupart, nous nous sentions comme si nous venions tous d’échapper d’Alcatraz. Nicky et Michael de leur côté ressentaient probablement la même chose. Aucun d’entre nous n’avions encore réalisé qu’un premier groupe est un peu comme une première histoire d’ amour. Elle persiste à hanter vos souvenirs, à jamais irremplaçable, idéalisée et quelquepart dans un coin sombre de votre imagination, toujours aimée.